Category Archives: Comprendre

Connaissez-vous l’ostéopathie pour chien ?

Il y a fort à parier que vous avez déjà fait subir quelques séances de kiné respiratoire à votre petit dernier ou que vous êtes allé voir un ostéopathe pour régler cette tendinite qui vous faisait si mal. Mais avez-vous déjà pensé que ces disciplines peuvent aussi aider votre chien ? Faisons le point avec le Dr Agnès Laget, vétérinaire exerçant en physiothérapie, ostéopathie, acupuncture et phytothérapie.

Que peut-on soigner avec ces disciplines vétérinaires ?

Si l’on associe l’ostéopathie et la kinésithérapie, chez le jeune chien, c’est le suivi de croissance. Chez l’adulte, c’est soit le suivi de sport, soit le suivi classique d’équilibre ostéopathique. On s’occupe aussi des suites de chirurgies ou de pathologies, dès qu’il y a eu un stress, physique ou psychologique ayant engendré un déséquilibre chez l’animal. On assure également le suivi du vieux chien, son accompagnement dans la vieillesse et la gestion des troubles cognitifs ou moteurs qui peuvent alors advenir et dont on peut retarder l’évolution.

dog & lifestyle le magazine art de vivre ensemble

Continue reading

La domestication du chien: dernières découvertes

Le chien est le fidèle ami de l’Homme. Oui, mais depuis quand ? Comment ce processus s’est-il mis en place ? Dans quel endroit du globe a-t-il débuté ? Faisons le tour des dernières avancées scientifiques sur cette question avec Morgane Ollivier-Ruz, paléo-génomicienne, et maître de conférences à l’Ecole normale supérieure de Lyon.

Sur quoi travaillez-vous ? Comment la génomique peut-elle apporter de nouvelles réponses à ces questions ?

En tant que paléo-génomicienne, je m’efforce de comprendre comment les génomes ont évolué à travers le temps. Je travaille sur des génomes très anciens, issus de l’ADN que l’on peut encore trouver sur des fossiles. Bien sûr,  cet ADN est plus difficile à décrypter car d’une part, il en reste peu, et d’autre part, son âge et son exposition prolongée à l’hydrolyse et l’oxydation l’ont fragmenté et chimiquement modifié. En l’occurrence, mon objectif est de déterminer comment la domestication a eu un impact sur le génome du chien.

Comment fait-on pour dater précisément ces vieux os et cet ADN ?

La datation se fait par le carbone 14 ou par celle des autres éléments trouvés au même endroit de la fouille (artefacts humains) et, qui, eux, sont déjà datés.

Alors, conclusion, nos chiens descendent-ils donc bien du loup ?

Oui, la génétique et la génomique ont permis d’affirmer que le chien descend bien du loup, et non du chacal ou du coyote comme supposé précédemment.

Quand et où les premières traces de l’espèce du chien sont-elles apparues ?

De façon sûre et certaine, on trouve des fossiles de chiens en Eurasie à partir de – 16.000 ans avant JC.  Les dernières découvertes tendent cependant à démontrer que des loups auraient déjà été domestiqués plus de 15.000 ans encore auparavant. En effet, une côte de loup datée de – 35.000 ans avec JC a été découverte en Sibérie et identifiée comme issue du Loup de Taïmyr, un loup sans descendant aujourd’hui. Son analyse prouve que le chien, le loup gris (que nous connaissons aujourd’hui) et ce loup de Taïmyr avaient un ancêtre commun, encore antérieur, et non retrouvé à ce jour. La domestication du chien a donc pu intervenir à un moment non déterminé entre -35.000 et – 16.000 avant JC. Par ailleurs, on sait aussi qu’il y a eu hybridation entre ces trois branches dont on retrouve une trace dans le profil génétique du Malamute et du Husky actuels.

Comment pouvez-vous affirmer que l’ADN que vous examinez est bien issu de l’espèce du chien et non de celle du loup ?

La domestication a engendré des modifications morphologiques qui sont aujourd’hui autant de preuves archéologiques de la différence entre les deux espèces. On note généralement chez le chien : un raccourcissement de la face, une constitution moins robuste et un cerveau plus petit, notamment en ce qui concerne les zones dédiées à l’acuité sensorielle. Ceci s’explique, par exemple,  par le fait que le chien domestiqué n’avait plus besoin de chasser. Une autre conséquence de la domestication se retrouve dans la couleur du pelage, elle-même codée par des gènes que nous avons identifiés. Ainsi, la couleur noire n’était pas présente dans la population de loups sauvages car on peut imaginer qu’il s’agissait d’une couleur ne leur permettant pas facilement de se cacher des proies qu’ils visaient. Une fois domestiqué, le chien a connu des modifications génétiques qui lui ont permis de présenter une plus grande variété de couleurs et notamment la couleur noire. On a même pu aller plus loin. Nous savons que les loups noirs n’existaient pas durant la Préhistoire. Aujourd’hui ils existent, essentiellement en  Amérique du Nord. On peut donc avancer l’hypothèse que les loups noirs actuels sont probablement issus d’une hybridation cette fois-ci dans le sens inverse. Des chiens domestiqués (et noirs) auraient migré en suivant les hommes par le Détroit de Bering au moment du Paléolithique Supérieur et se seraient mélangés avec les loups locaux.

Comment le processus de domestication s’est-il mis en place ?

Le chien est le plus vieil animal domestiqué, bien avant les vaches ou les moutons. La co-habitation du chien et de l’Homme a démarré avant la sédentarisation et le développement de l’agriculture. Elle a débuté lorsque nous étions encore des chasseurs-cueilleurs. Le scénario le plus probable est que nous partagions alors avec le loup des territoires et des comportements de chasse. Il a pu également y avoir un rapprochement progressif du loup et de l’Homme, notamment pour manger les restes. Au départ il s’agissait de réciprocité puis très progressivement l’Homme a pris le contrôle sur le loup qui deviendra un chien.

dog & lifestyle le magazine canin art de vivre ensemble

Devant la grande variété des races qui constituent l’espèce canine aujourd’hui, il est difficile d’imaginer qu’elles descendent toutes du loup. Quelles ont été les grandes étapes de sélection une fois la domestication initiée ?

La domestication est un processus très progressif même si certains changements morphologiques évoqués plus hauts peuvent apparaître en quelques générations. On peut cependant distinguer 3 grandes étapes de sélection des races au sein de l’espèce canine :

  1. La sélection basée sur la grande variabilité initiale et naturelle des loups. Deux loups de petite taille croisés entre eux donneront des louveteaux de petite taille.
  2. La sélection utilitaire visant une fonction particulière attribuée au chien. Par exemple dans l’Antiquité, on sait que les Perses aimaient particulièrement les morphotypes molossoïdes et s’en servaient comme gardiens.
  3. La sélection sur des critères de beauté poussée jusqu’à son extrême aujourd’hui et depuis environ 200 ans avec la création du LOF et la fixation des standards de race. Cette sélection très artificielle a engendré une diminution préjudiciable de la variété génétique. Aujourd’hui, on estime à 20% le nombre de porteurs de maladies génétiques héréditaires par race, contre 0.1 % chez l’Homme.
En savoir plus:
Article scientifique sur la couleur noire chez le chien domestiqué
Plateforme technique de décryptage de l’ADN ancien

Ethologie vétérinaire, kezako ?

Le chien et l’être humain partagent aujourd’hui le même milieu naturel au quotidien. Pourtant, ce sont deux espèces distinctes avec des modes de fonctionnement spécifiques. Personne ne nous enseigne à l’école comment « fonctionne » un chien ; or nous sommes nombreux à en posséder un ou plusieurs.

Selon une enquête commandée par la FACCO (Chambre Syndicale des Fabricants d’Aliments Préparés pour Animaux Familiers), la France compte actuellement 11,41 millions de chiens de compagnie. Comme si l’éducation d’un chien était innée, nous essayons de faire de notre mieux. Mais ce n’est pas toujours possible sans une aide extérieure, ce que nous avons parfois du mal à reconnaître. Aucune honte cependant à consulter un spécialiste qui est là pour trouver une solution répondant aux envies de l’humain et aux besoins du chien. Rencontre avec Catherine Escriou, éthologue vétérinaire à VetAgroSup, l’école vétérinaire de Lyon.

dog & lifestyle

Chien jaune par Alain Trez

Depuis quand s’intéresse-t-on au comportement du chien ?

Si l’on remonte 20 à 30 années en arrière, les vétérinaires ne s’intéressaient alors qu’à la santé du chien : la maintenir ou la retrouver. Puis dans les années 90 en France, le Dr Patrick Pageat a commencé à s’intéresser au comportement des chiens pour tenter de comprendre leurs motivations et soigner leurs troubles. Il a cofondé en 1995 l’Institut de Recherche en Sémiochimie et Ethologie Appliquée (IRSEA). La prise en compte du comportement s’est ensuite scindée en deux branches scientifiques : la zoopsychiatrie et l’éthologie. L’éthologie vétérinaire s’est constituée en discipline à part entière au cours des 10 dernières années, à partir du moment où les vétérinaires ont commencé à utiliser les données scientifiques de recherche pour les appliquer au quotidien. Il s’agit donc désormais d’un véritable domaine de recherche. C’est aussi une spécialisation au cours de la formation dans les écoles vétérinaires : il existe aujourd’hui un Certificat d’Etudes Approfondies Vétérinaire « Médecine du comportement des animaux domestiques ». Enfin, c’est une discipline clinique qui prend en charge les troubles du comportement pour reconstruire ou améliorer la relation entre un chien et son propriétaire.

Précisément, comment se passe une consultation auprès d’un éthologue vétérinaire ?

Elle se déroule en général en trois volets : observer ; analyser ; démontrer. En premier lieu, j’étudie le mode de vie de l’animal : est-il seul dans la journée ? Reste-t-il attaché ? Vit-il à l’extérieur ou à l’intérieur ? En ville ou à la campagne ?… Les réponses vont permettre de comparer ce mode de vie avec ses besoins en tant que chien, puis en fonction de sa race, et enfin en fonction de son tempérament individuel. Deuxièmement, je cherche à savoir comment ce trouble du comportement s’est installé. Il faut en effet garder à l’esprit que si les apprentissages des 6 premiers mois sont cruciaux chez un chien, celui-ci continue néanmoins à apprendre durant toute sa vie et à mettre en place de nouveaux comportements pour s’adapter à son environnement. Enfin, je prends en compte la relation avec le propriétaire : existe-t-il de nombreuses interactions entre eux ? Balades, jeux, entraînement…

Pouvez-vous nous éclairer avec un exemple précis ?

Il y a quelques semaines, un couple est venu me voir pour une consultation. Le chien de monsieur avait mordu madame. Il s’agissait d’un couple recomposé avec chacun un épagneul breton. Avant leur rencontre, la femme vivait avec sa femelle qu’elle avait habituée à être caressée et papouillée constamment. En face, un homme élevant seul son enfant en compagnie d’un épagneul breton mâle. En d’autres termes, des modes de vie et une relation au propriétaire très différents : une femelle habituée à répondre aux sollicitations répétées de sa propriétaire et de l’autre un mâle évoluant dans un contexte intégralement masculin et dont les interactions se limitaient à accompagner son maître chasser. Au moment où ces deux personnes et leurs chiens se sont installés ensemble, le mâle a vu sa tranquillité perturbée par une femme essayant sans arrêt de le caresser. Et un soir, alors qu’il était couché dans un petit espace entre le canapé et la table basse du salon, il a mordu brièvement la femme qui se penchait vers lui. Cet exemple montre bien que chaque race de chien a des caractéristiques qui lui sont propres, mais qu’au sein d’une même race, des différences de tempérament existent aussi. Il faut donc être vigilent sur ces deux dimensions. Chaque consultation autour du comportement s’accompagne d’un examen organique. Dans ce cas précis, l’épagneul breton mâle souffrait également d’une douleur à la hanche. Ce qui démontre qu’un trouble du comportement est souvent multifactoriel. Comprendre cela permet souvent de mieux le prendre en charge. Ici, des antalgiques et un changement du mode de vie ont permis de rétablir une relation équilibrée. Une fois que les propriétaires ont pris conscience des facteurs qui, dans  l’environnement du chien, l’ont amené à développer ce comportement, il leur est plus facile de s’adapter. Si toutefois les propriétaires se trouvent démunis, l’aide d’un éducateur canin peut être toujours être envisagée en complément. Dans tous les cas, les nouveaux apprentissages doivent toujours passer par une éducation positive, c’est-à-dire avec récompense à la clé (friandise ou caresse).  La brimade n’est jamais une bonne solution.

Combien de chiens recevez-vous en consultation chaque année ?

Environ 200.

Certaines races en particulier ?

Non. L’approche en éthologie vétérinaire est une approche très individuelle. On ne met pas le chien dans une case. On essaie juste de comprendre comment le comportement s’est installé, de l’expliquer au propriétaire et de faire en sorte que l’environnement devienne plus propice à l’intérêt du chien et à celui du propriétaire. On comprend et on traite. Mais aujourd’hui beaucoup d’idées reçues circulent et donc malheureusement des erreurs sont commises. Avoir un chien c’est bien faire cohabiter et interagir deux espèces différentes. En fonction de votre mode de vie, de votre disponibilité et de votre propre tempérament, certains chiens vous conviendront mieux que d’autres. Il ne faut pas se baser uniquement sur le coup de cœur physique ou succomber aux effets de mode. Par exemple, il y a quelques années, le Jack Russel Terrier s’est beaucoup répandu. Or il s’agit d’un chien de chasse au départ, fait pour attraper les renards dans leurs terriers ! Imaginer en faire un chien de compagnie attendant toute la journée le retour de son maître parti travailler pour faire ensuite une balade vite bâclée peut effectivement occasionner des troubles du comportement (aboiements, destruction…).  Je dis bien « peut » car tout trouble est toujours lié à l’association du contexte racial et de celui de l’individu.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite acquérir un chien ?

Tout d’abord bien se renseigner sur le fonctionnement du chien en général et les caractéristiques de la race visée en particulier. Et pourquoi ne pas envisager une consultation préventive pour être sûr que le chien vous convienne parfaitement. Par exemple en Suisse, à l’achat d’un chien, vous recevez une mini-formation obligatoire de 2 jours pour apprendre les bases du comportement du chien et de sa façon d’apprendre.

Vous êtes vétérinaire mais aussi chercheur. Quelles sont les dernières découvertes marquantes dans les recherches scientifiques sur le chien ?

Le plus marquant a été la démonstration par Adam MIKLOSI que ce que nous savons du comportement des loups ne peut pas être extrapolé et adapté directement au comportement du chien. Par exemple la transposition de la relation mâle dominant/ reste de la meute est aujourd’hui complètement erronée : le chien ne vit pas dans une relation hiérarchique mais plus par affinités avec les autres chiens. Dans sa relation avec l’humain, le chien a tendance à se tourner vers l’humain lorsqu’il est en difficulté (demander à boire lorsque la gamelle est vide, demander à sortir…). Le chien comprend que l’humain a une meilleure connaissance de l’environnement et qu’il peut l’aider. Donc plus besoin pour l’homme de chercher à dominer le chien. On a aussi démontré que le chien est capable de reconnaître les émotions sur le visage du maître.

Avez-vous vous-même un chien ?

Même plusieurs ! Deux Malinois, 1 Carlin et un Jack Russel. Et mes deux Malinois sont totalement différents. Le premier a été réformé de l’armée car il présente une atrophie des muscles des pattes arrières. Il se caractérise par une très grande sociabilité envers les autres chiens et les humains. Du coup, les gens le caressent et cela renforce son caractère sociable. Alors que mon autre Malinois avait très peur des gens lorsque je l’ai récupéré à l’âge de 7 mois. Il m’a donc fallu l’habituer progressivement au monde jusqu’à l’âge de 4-5 ans. Vous voyez, il y a bien une question de race et une question de tempérament individuel.

Un grand merci à Catherine Escriou, maître de conférences en neurologie et comportement. Elle développe l’activité clinique et l’enseignement du comportement à VetAgroSup depuis 1999. Egalement membre actif du bureau et du conseil scientifique de la Société Européenne d’Ethologie Vétérinaire des Animaux Domestiques (SEEVAD).

La symbolique du chien fidèle dans les arts

Depuis que l’homme a domestiqué le chien, celui-ci l’accompagne dans toutes ses activités. Il est donc peu surprenant de retrouver le compagnon à quatre pattes dans toutes les expressions artistiques représentant l’homme et son environnement.

« Il semble que la nature ait donné le chien à l’homme pour sa défense et pour son plaisir. C’est de tous les animaux le plus fidèle, c’est le meilleur ami que puisse avoir l’homme. »

Cette phrase de Voltaire illustre la fidélité sans faille attribuée au chien de tout temps. Cette façon de représenter le chien et la symbolique qui s’y rattache se retrouvent traduites dans toutes les expressions artistiques.

En littérature, évoquer la fidélité du chien fait immédiatement penser aux premières pages de L’Odyssée d’Homère. Après ses nombreuses aventures, Ulysse, déguisé en mendiant, revient chez lui à Ithaque afin d’observer incognito les nombreux prétendants se bousculant autour de sa bien-aimée Pénélope, ainsi que ses amis restés prétendument loyaux. Seul son très vieux chien Argos le reconnaît après 20 ans d’absence. Perclus de douleurs, mais dans un dernier mouvement d’affection, il remue la queue et s’éteint :

Odyssée, chant XVII (traduction de Médéric Dufour et Jeanne Raison):
Argos le chien fidèle d'ulysse

Gravure de Jean Chartier d’après le dessin de Primatice. Musée Albertina de Vienne

«Il y avait là un chien couché, qui dressa la tête et les oreilles ; c’était Argos, le chien du patient Ulysse, qu’il avait nourri de ses mains, et dont il n’avait pu jouir ; il partit trop tôt pour la sainte Ilios. (…) Là donc était couché le chien Argos tout couvert de poux. Alors, quand il reconnut Ulysse qui était près de lui, il agita la queue et laissa retomber ses deux oreilles ; mais il n’eut pas la force de venir plus près de son maître. Celui-ci, à sa vue, se tourna pour essuyer une larme, qu’il lui fut facile de cacher à Eumée (…) Quant au chien Argos, la noire mort le prit dès qu’il eut revu son maître après vingt années.»

En art statuaire, le chien est très souvent présent aux pieds des gisants de femmes. Dans ces statues funéraires, créées pour rappeler les défunts au souvenir des vivants, le chien est là pour guider la défunte dans les souterrains de la mort.

Gisant Jeanne de Bourbon

Détail du gisant de Jeanne de Bourbon, Basilique Saint-Denis © Céline et Jacques Lanciault

En peinture, le chien est le compagnon de tous les instants et de toutes les classes sociales. Fidèle aux têtes couronnées à la Renaissance, il accompagne des personnages plus modestes chez les peintres modernes.

Symbolique du chien fidele en peinture

Dans les médias de masse, tels que la publicité ou les films, le motif du chien fidèle est là aussi récurrent. Début avril, la marque Pedigree® a lancé une campagne presse et web pour inciter à l’adoption de chiens abandonnés, vantant la fidélité sans limite du chien et l’opposant à celle de façade de vos amis sur Facebook.

Dog & Lifestyle

Enfin parfois, le fait divers dépasse la fiction. En 2009, avec son film Hatchi, Lasse Hallström a fait découvrir à l’occident la touchante histoire de Hachiko, littéralement en japonais « 8e prince » car il était le 8e chiot de la portée. Pendant 2 ans, ce Akita Inu a accompagné son maître jusqu’à la gare pour rejoindre l’Université de Tokyo où celui-ci travaillait. Chaque soir, Hachiko se rendait à la gare seul et attendait son retour. Mais un jour son maître décède en plein cours, d’une hémorragie cérébrale. Pourtant, inexorablement, Hachiko est venu attendre son maître décédé tous les soirs jusqu’à sa propre mort, c’est-à-dire 7 ans plus tard. Ceci s’est passé en 1935. Aujourd’hui, pour célébrer le 80e anniversaire de sa mort, l’Université de Tokyo a commandé au sculpteur Tsutomu Ueda une sculpture réunissant pour toujours le chien et son maître.

dog & lifestyle

Comment mettre la génétique au service du chien ?

A l’échelle mondiale, la grande espèce des chiens compte plus de 400 races issues de la sélection artificielle de l’homme pour répondre à des objectifs particuliers : beauté, chasse, conduite de troupeaux, cavage… Chaque année en France, plus de 210.000 chiots de race naissent et sont inscrits au LOF.

Comment mettre la genetique au service du chien

La sélection accrue des races au cours des deux derniers siècles et l’accroissement notable des naissances au cours des 4 dernières décennies ont pour conséquence le développement spontané de maladies génétiques, spécifiques ou très fréquentes chez certaines races, et beaucoup sont homologues aux maladies humaines. Aujourd’hui, près de 500 maladies génétiques ont été recensées chez le chien.Mais alors, comment mettre les connaissances actuelles en génétique au service de la santé et du bien-être de nos chiens ? Rencontre avec Franck Pin, Responsable commercial de la société ANTAGENE, qui commercialise des tests ADN pour chiens et chats.

Qu’est-ce qu’un test ADN ? A quoi ça sert ?

C’est l’analyse d’une partie de l’ADN avec 2 applications principales :

1) Identifier un chien et certifier sa descendance (et ses origines):

Le test ADN est un moyen de caractériser un chien en dressant sa carte d’identité génétique. Ce profil est unique à chaque chien. Même deux chiens de la même race n’auront pas le même profil génétique. C’est une sorte de « code-barre » propre à chaque individu et qu’il conserve jusqu’à la fin de sa vie. Cette caractérisation précise permet de vous certifier aussi son origine : vous garantir que le chiot que vous allez acheter est bien issu du mâle et de la femelle présentés. Le futur acquéreur dispose d’une information fiable et l’éleveur valorise sa technique d’élevage. Actuellement, les chiffres montrent qu’en France, 15% des chiens de race ne sont pas issus du mâle indiqué sur leur pedigree. Parfois, il s’agit du manque de professionnalisme de l’éleveur. Parfois la première saillie semble ne pas avoir porté ses fruits. On fait donc appel à un second mâle et c’est une source d’erreur.

2) Dépister une ou plusieurs maladies génétiques

Le test ADN c’est aussi un moyen de dépister et donc d’éviter la propagation de maladies génétiques. Aujourd’hui, les recherches en génétique ont clairement identifié les gènes responsables de certaines maladies. Or un chien peut ne montrer aucun signe d’une maladie et pourtant être porteur des gènes associés qu’il va donc transmettre à sa progéniture. Pour un éleveur, connaître le statut génétique de ses reproducteurs vis à vis d’une maladie héréditaire, c’est protéger son élevage et éviter de produire des chiots atteints d’une maladie héréditaire en adaptant les accouplements pour favoriser la diversité.

Précisément, pouvez-vous nous expliquer le mode de transmission d’une maladie génétique héréditaire ?

A l’issue d’un test ADN, dans le cas d’une maladie récessive (qui représente 90% des maladies testées), le chien peut relever de 3 statuts :
• Soit il ne présente aucun gène identifié comme source de maladie : c’est un homozygote normal qui ne développera pas la maladie et donc ne la transmettra pas.
• Soit le chien est porteur des gènes de la maladie en question mais n’en montre aucun signe. Appelé porteur sain, il ne développera pas la maladie, mais la transmettra à 50 % de sa descendance.
• Enfin, le chien peut être porteur des gènes responsables et avoir développé la maladie. Appelé homozygote muté ou atteint, il transmettra ces gènes à 100 % de sa descendance.

Conditions de transmission des maladies genetiques hereditaires chez le chien

© Antagene

Concrètement, comment se déroule le prélèvement ?

La procédure est simple : il s’agit d’un prélèvement de cellules buccales à l’aide du kit ADN fourni par ANTAGENE. Par contre, ce prélèvement est toujours effectué par un vétérinaire pour en assurer l’authenticité. Une fois reçu, ANTAGENE extrait l’ADN, analyse une partie du génome du chien et établit le statut génétique du chien vis-à-vis de la maladie testée.

Combien de temps faut-il attendre avant d’avoir les résultats ?

En moyenne, les résultats parviennent au vétérinaire et au propriétaire du chien entre 1 et 2 semaines après réception du prélèvement. Pour certaines maladies seulement, le délai peut être étendu à 5 semaines.

Combien ça coûte ?

• L’identification génétique : 45 €
• L’identification génétique et la vérification de parenté : 55 €
• Le test maladie : 68 €

On entend souvent dire que les chiens partageant notre environnement et notre mode de vie, ils finissent par développer les mêmes maladies que nous. Qu’en pensez-vous ?

C’est partiellement vrai car l’environnement et le mode de vie ne sont pas les seuls facteurs responsables. La sélection artificielle qui a été faite au cours des dernières années n’a pas toujours respecté les règles de diversité et a entraîné la propagation de ces maladies héréditaires. Ce qui est vrai cependant, c’est que nous partageons un certain nombre de maladies. Et parfois les recherches sur les maladies du chien permettent de faire avancer celles sur les maladies de l’homme.

Avez-vous un exemple ?

Prenons le cas du Golden Retriever. Cette race est assez souvent sujette à une maladie appelée l’Ichtyose. Ce n’est pas une maladie grave mais gênante qui se traduit par une prolifération de pellicules donnant un aspect sale à la peau du chien. Or identifier le gène responsable de cette maladie chez le chien a permis de mieux comprendre comment elle se développe chez l’humain aussi.

Vous faites aussi des recherches ?

Parallèlement à la commercialisation de tests ADN, ANTAGENE est effectivement également une plateforme de recherche. Nous travaillons en collaboration avec l’équipe « Génétique du chien » de l’Université de Rennes 1 et l’équipe « Biologie du système neuromusculaire » de l’Ecole Vétérinaire de Maison Alfort. Par exemple, parmi les nombreux programmes de recherche en cours, nous travaillons à identifier le ou les gènes responsable(s) de l’épilepsie chez le Berger des Pyrénées ou de la dysplasie coxo-fémorale chez le Berger Allemand. Notre objectif commun est de continuer à progresser continuellement en décodant régulièrement le ou les gênes responsables de maladies non identifiées à ce jour puis de mettre au point les tests ADN de dépistage correspondants.

ANTAGENE sera présent au 137ème championnat de France des chiens de race du 5 au 7 juin prochains à Dijon.

Pour approfondir:

 

 

 

Et le gagnant de la Crufts 2015 est…

Comme tous les ans au mois de mars, le monde du chien est marqué par un événement majeur: la Cruft’s. Cette exposition canine est considérée comme la plus grande au monde (selon le Guinness des records). Depuis 1891, elle se déroule à Birmingham, ville du centre de l’Angleterre.

Crufts Logo + charlie

Tout a débuté avec Charles Cruft. A peine sorti de l’école, il commence à travailler en 1876 chez Spratt’s, un fabricant de gâteaux pour chiens. Grâce à son bagout et son esprit d’entrepreneur, il est vite promu représentant de la marque et commence à voyager. En 1878, lors de son passage en France, un groupe d’éleveurs lui demande d’organiser une exposition de chiens pour promouvoir la section canine de l’Exposition Universelle de Paris. Cruft se prend au jeu. De retour en Angleterre, il organisera une exposition annuelle jusqu’à sa mort en 1936. C’est ensuite son épouse, Emma Cruft qui prend le relais avant de céder le concept au Kennel Club anglais (équivalent de notre centrale canine) qui en assure la gestion aujourd’hui. L’événement est couvert par la BBC depuis 1950.

En 2015, 21.000 chiens on participé aux 4 jours de la manifestation au cours de laquelle sont organisés concours de beauté, de dressage, d’agility. Cette exposition est aussi l’occasion de présenter de nouveaux produits: nourriture, articles de soins ou accessoires. Cette année Samsung a ainsi dévoilé sa Samsung Dream Doghouse®.

Mais le clou du spectacle demeure l’élection du Best in Show, désignant le plus beau chien de l’année. En 2015, le gagnant est une femelle Scottish Terrier de 5 ans répondant au nom de Knopa.

best-in-show-2015-knopa-the-scottish-terrier-and-handler-rebecca-cross-Crufts

De nombreuses vidéos sur le site officiel. A voir absolument « Hilarious Bloopers », une sélection des meilleures gaffes canines et humaines.

Comment choisir le nom de mon chien ?

Cette année, si vous décidez d’acheter un chien, vous allez pouvoir laisser votre créativité déployer ses L ( !) pour lui trouver son futur sobriquet. Vous l’aurez compris, 2015 est l’année du L.

2015 année des L pour votre chien

Je ne suis pas en train de dresser l’horoscope chinois de votre futur chien, mais plutôt de faire référence à l’obligation pour tous les chiots de race nés cette année d’avoir un prénom commençant par la lettre L. Mais au fait, pourquoi cette coutume et à quand remonte-t-elle ? Au commencement (dans les années 1880), naissait la cynologie moderne qui consiste, entre autre, à définir les critères spécifiques d’une race ou « standard » (caractère, morphologie, couleurs de robe…), d’en assurer la diffusion et la reconnaissance internationale. Petit à petit, chaque pays a édité un registre national des naissances de chiens de race dont l’objectif était :

  • de répertorier et de connaître l’évolution des populations de chaque race reconnue
  • d’assurer la traçabilité généalogique de chaque chien.

C’est le lancement des premiers livres des origines un peu partout en Europe. En France, le premier LOF sort en 1883, à l’initiative de Léon Crémière (1831-1913), alors directeur du journal Le Chenil et photographe spécialisé dans les portraits de chiens de chasse.

LOF premier livre des origines francais

© Wikipedia Commons

Ce Livre des Origines Français est aujourd’hui géré par la Société Centrale Canine ou SCC. Pour des soucis de lisibilité et de facilité de gestion, l’usage d’imposer une initiale commune à tous les chiens de race nés la même année a débuté en 1926 par le A bien sûr. Cela a permis de classer les chiens de façon chronologique dans le LOF et de connaître ainsi l’âge d’un chien en fonction de son nom. Au début, tout allait pour le mieux mais entre 1948 et 1952 les propriétaires de chiens ont été obligés de trouver un nom en W, X, Y et Z. « Zorro » c’est rigolo mais pas très original quand tous les chiens autour de vous s’appellent aussi comme çà. Aujourd’hui l’alphabet canin est donc limité à 20 lettres. Sont exclues : K, Q, W, X, Y et Z. Mais cela laisse encore un espace de créativité. Et 20 ans pour en faire le tour.

En savoir plus :

Logo société centrale canine françaiseSociété centrale canine / SCC : retrouvez 14600 idées de noms en L !fci_logoFédération Cynologique Internationale / FCI

Comment forme-t-on un chien guide d’aveugle: la famille d’accueil

Nous avons tous croisé un jour une personne malvoyante accompagnée de son chien guide. Il suffit alors de regarder pendant quelques instants ce duo pour constater l’extrême complicité qui unit ces deux compagnons. On pourrait même dire qu’il s’agit là d’un des plus beaux exemples d’interaction entre deux espèces animales. Mais comment réussit-on à former un chien à caler son pas sur celui de son maître, à lui indiquer l’emplacement du passage piéton ou encore à trouver le distributeur de billets le plus proche ?

Durant son apprentissage à l’École des chiens guides d’aveugles, le jeune chien est pris en main par deux acteurs principaux : l’éducateur de chiens guides et la famille d’accueil. Retrouvons aujourd’hui le témoignage d’Hélène qui s’occupe déjà de Iota depuis plusieurs mois.

Mirabelle : Quelle est votre mission en tant que famille d’accueil ?

Hélène : Mon rôle est de socialiser l’animal. C’est une implication sur le long terme car mon travail avec Iota a commencé lorsqu’elle avait deux mois et elle va avoir deux ans. Aidée au départ par un éducateur de l’École de Lyon et du Centre-Est, je lui ai appris les basiques : la propreté, la marche en laisse, le rappel, ne pas aboyer et d’autres interdits. Lorsqu’elle a eu 6 mois, sa formation en alternance a commencé : Iota part régulièrement à l’école pour des apprentissages plus spécifiques avec l’éducateur. D’ailleurs, quand elle revient, elle est souvent fatiguée. L’essentiel de mon rôle est de lui faire découvrir et de l’habituer à tous les environnements possibles pour qu’elle puisse guider au mieux ensuite son futur maître.

Vous l’emmenez sur votre lieu de travail, mais rencontrez-vous des difficultés à entrer dans certains lieux publics avec elle ?

Hélène : Cela m’arrive parfois, notamment dans certains supermarchés ou restaurants. Mais après un peu de pédagogie, les commerçants finissent généralement par me laisser entrer avec Iota. D’ailleurs, depuis mars 2014, la législation française reconnaît le statut de chien guide en formation. Iota est donc autorisée par la loi à entrer dans les lieux ouverts au public, au même titre qu’un chien guide.

famille d'accueil chien guide d'aveugleBio express de Iota
Labrador noir femelle
Née le 9 mars 2013
Actuellement en cours d’éducation
Passera son certificat d’aptitude dans quelques mois
 

 

Comme vous le disiez, Iota va bientôt avoir deux ans et sa formation touche à sa fin. N’est-ce pas trop dur d’imaginer la rupture ?

Hélène : Ce sera forcément difficile car je me suis attachée à elle, mais le contrat est clair dès le départ. De plus, la formation de Iota s’intensifie : elle est de plus en plus souvent à l’école, parfois pendant 2 à 3 semaines consécutives et je ne la récupère que le week-end. Ce qui fait que je commence à m’habituer à vivre sans elle, et je me prépare petit à petit à la remise.

Qu’est-ce que « la remise » ?

Hélène : C’est précisément le moment où elle va partir avec son nouveau maître. Cela se passe en deux temps. Pendant la première semaine, la personne malvoyante se rend dans l’école et rencontre plusieurs chiens prêts. Il s’agit de former le binôme le plus efficace possible. Par exemple, il faut que le chien sache s’adapter à la cadence de la personne, que leurs caractères s’accordent, que les affinités apparaissent. Il y alors remise officielle du chien guide à la personne en présence de toutes les personnes qui ont contribué à l’éducation du chien. Pendant la deuxième semaine, la personne malvoyante rentre chez elle avec son chien. Un éducateur et la personne étudient l’environnement professionnel et personnel dans lequel le duo va fonctionner ainsi que les trajets habituels pour faire les derniers ajustements. L’éducateur reviendra ensuite au bout de 2 puis 6 mois et restera toujours disponible. Puis, c’est le début d’une nouvelle forme de liberté pour la personne malvoyante dont le quotidien est facilité par le travail et la présence du chien. C’est d’ailleurs intéressant de voir l’inversion des rôles : ici c’est le chien qui est responsable de la personne.

Comment vous est venue l’envie de devenir famille d’accueil ?

Hélène : Enfant, on avait un chien à la maison. Plus tard, j’ai ressenti l’envie d’avoir un chien moi-même, mais je ne voulais pas le laisser toute la journée dans mon appartement. Et puis le hasard m’a fait rencontrer dans une gare une famille d’accueil avec un chien en éducation. L’idée a germé petit à petit. J’ai pris contact avec l’École de chiens guides d’aveugles de Lyon et du Centre-Est et j’ai été retenue.

Quels sont les critères de sélection d’une famille d’accueil ?

Hélène : Aimer les chiens évidemment. Faire preuve d’une grande disponibilité car les débuts de socialisation du chiot demandent du temps et de la patience. Il faut aussi habiter pas trop loin de l’école car les allers-retours sont fréquents. Par contre, on est constamment en lien avec les éducateurs qui permettent d’ajuster le tir si on commet des petites erreurs. Reste à la famille d’accueil le soin de réaliser l’apprentissage via le jeu. Pour moi, c’était nouveau. C’est donc un apprentissage de part et d’autre.

Chiffres-clés :
  • En France, 2 millions de personnes atteintes de malvoyance ou de cécité totale
  • 200 chiens remis / an
  • 0 € : le chien guide est remis gratuitement aux personnes déficientes visuelles
  • 1500 personnes sont accompagnées par un chien guide en France
  • 600 familles d’accueil et autant de bénévoles
  • 70 éducateurs canins en activité
 En savoir plus:

Ecole des chiens guides d'aveugles de lyon et du centre estFédération Française des Associations de Chiens-Guides d’Aveugles (FFAC)Aidez-les et faites un don !

ça gratte – 2e partie: combattre les puces et les tiques

Dans la première partie, nous avons découvert le mode de vie et de développement des puces et des tiques. Reste maintenant à en tirer les leçons pour mieux les combattre.
Quelles sont les conséquences de la présence de ces parasites sur nos chiens ?

Si le chien est assailli par les puces, outre la gêne occasionnée par le grattage effréné, il peut développer des infections cutanées, allant de l’allergie aux piqûres, au prurit avec chute de poils. Il peut aussi, dommage co-latéral, se retrouver avec un parasite interne.

Si le chien est colonisé par une ou plusieurs tiques, il peut développer une légère inflammation à l’endroit de la morsure (très rarement un abcès). Seulement parfois, la tique elle-même est porteuse d’autres germes, bactéries et autres et les transmet au chien par l’intermédiaire de sa salive pendant son repas de sang. C’est ainsi que Rhipicephalus sanguineus peut transmettre la piroplamose et Ixodes ricinus la maladie de Lyme.

Comment lutter alors contre ces petits vampires ?

La prévention reste le meilleur moyen sachant que l’automne et le printemps sont les saisons de prédilection de ces parasites. Pensez à nettoyer régulièrement le coussin en machine à laver, Chez Biocaninale panier avec un désinfectant et plus généralement tout l’habitat : l’aspirateur permet d’éliminer 90 % des œufs et 15 à 27 % des larves de puces dans la moquette ou les tapis. Reste à changer fréquemment les sacs de votre aspirateur auxquels vous pouvez aussi ajouter une poudre insecticide.

Il faut aussi penser à protéger votre chien tous les mois à l’aide d’un antiparasitaire. N’en déplaise aux fervents du bio dont je fais également partie, le pouvoir insecticide des huiles essentielles n’a jamais été scientifiquement démontré. Le géraniol (présent dans les huiles essentielles de géranium, citron et citronnelle) souvent suggéré peut même avoir des conséquences graves en termes d’allergies chez votre chien. Il vaut donc mieux utiliser un insecticide chimique dont l’efficacité contre les parasites et l’innocuité pour le chien auront été testées et validés par l’Agence européenne des médicaments.

front line comboCompte tenu du mode de vie et de reproduction des parasites, préférez un antiparasitaire à la fois adulticide et larvicide ou inhibiteur du développement larvaire. C’est le cas de plusieurs pipettes actuellement disponibles sur la marché (Laboratoire Merial). Attention même précaution pour toutes: appliquez le contenu en écartant bien les poils du chien pour que le produit soit en contact avec la peau mais au moins 48 h après avoir lavé votre chien le cas échéant. Ces produits nécessitent en général 24 à 48h pour entrer en action et protègent votre animal pendant 1 moiBravecto_10-20s. Depuis quelques mois, il existe aussi une solution: le comprimé. Bravecto commercialisé par les Laboratoires MSD propose de protéger votre chien pendant 3 mois, mais il n’est disponible que chez votre vétérinaire. Question rapport qualité-prix, les deux solutions sont dans la même tranche de prix (en ramenant au montant par mois). D’autre part, la plupart des laboratoires vous proposent de vous envoyer une alerte par mail ou sms à condition de vous inscrire sur leur site et vous permettre ainsi de ne pas oublier de traiter votre chien à temps.

Malgré ce traitement, au retour de chaque balade pendant les périodes de prolifération de ces parasites, n’oubliez pas d’inspecter le pelage de votre chien. Si vous lui découvrez une tique accrochée, ôtez-la rapidement car le risque de contamination augmente avec la durée du contact. On estime que le risque est élevé quand la tique reste plus de 24 heures fixée sur la peau.

Due C, Fox W, Medlock JM, Pietzsch M, Logan JG, Tick bite prevention and tick removal , BMJ, 2013;347:f7123

ça gratte – 1ère partie: découvrir le mode de vie des puces et des tiques

Entre l’été indien que nous venons de connaître, favorable aux vilaines bébêtes qui viennent parfois troubler le quotidien de nos chiens donc le nôtre, et l’approche d’Halloween, j’ai eu envie de parler des parasites les plus fréquents dans nos contrées tempérées : les puces et les tiques.
Une puce, comment ça marche ?

Une puce est un insecte hématophage, c’est-à-dire qui se nourrit de sang. Plusieurs espèces de ce petit vampire existent, mais la plus courante sur nos amis les chiens (90% des cas) se nomme Ctenocephalides felis. C’est ce que les scientifiques appellent un parasite intermittent superficiel. Intermittent car seule la puce sous sa forme adulte se nourrit réellement de sang. Elle effectue son premier repas seulement quelques minutes après son arrivée dans le pelage de son hôte involontaire et peut se nourrir ainsi plusieurs fois par jour. Mais une puce adulte ne représente qu’ 1% de la population intrusive – les 99 % restants étant constitués de cocons ou œufs (immobiles mais disséminés dans la nature ou déjà le milieu du chien : son coussin, les tapis et moquettes ou entre les lames du parquet de votre habitat) et de larves (qui, elles, se nourrissent des excréments des puces adultes ou de résidus de matières organiques présents dans les mêmes milieux que les œufs). C’est un parasite superficiel car il reste, par nature, à l’extérieur du chien. Cependant, celui-ci en se léchant, peut ingérer des adultes ou des larves. Or, certaines sont parfois elles-mêmes porteuses d’un autre parasite – le ténia ou Dipylidium caninum – qui lui se plaît à l’intérieur de l’intestin de nos animaux (voir De l’importance de la vermifugation). Le plus gros problème est la vitesse de prolifération de ces insectes, puisqu’une puce adulte peut pondre une cinquantaine d’œufs en quatre jours et jusqu’à 200 au cours de sa brève existence (maximum 1 an).

Et la tique, alors ?

Ixodes_hexagonus_(aka)Il s’agit encore ici d’un parasite hématophage mais ce n’est pas un insecte. Elle appartient à la famille des arachnides acariens et c’est même le plus gros des acariens, visible à l’œil nu (entre 3 et 5 mm). Deux sortes se retrouvent essentiellement sur nos chiens : Rhipicephalus sanguineus et Ixodes ricinus. Comme la puce, elle connaît plusieurs stades de développement : œufs, larves, nymphes puis adultes. Déjà en tant que larve, la tique a besoin de sang pour survivre mais en raison de sa taille va préférer les petits mammifères. Après un premier repas, elle mue et devient une nymphe. Et c’est là, puis en tant qu’adulte, qu’elle commence à s’attaquer à des mammifères plus imposants, comme nos chiens ou nous. N’en déplaise à mes lecteurs hommes, la femelle est plus grosse que le mâle et surtout plus vorace car elle a besoin de tout ce sang pour pondre ses milliers d’œufs. La tique n’a pas d’œil, pas d’oreille et pas de nez. Tout ce dont elle a besoin est une bouche appelée rostre dont elle se sert pour percer la peau de son hôte involontaire et s’y accrocher. La tique a donc besoin de sang pour se développer, survivre et se reproduire. Mais le cycle de vie d’une tique peut avoir une durée très variable : ainsi la tique peut hiberner sous terre quand les températures baissent et ressortir à la belle saison. En l’absence d’animal fournisseur de sang, elle peut aussi rester longtemps au même stade de développement sans pour cela mourir. D’où sa voracité lorsqu’elle trouve un mammifère !

Ces deux parasites sont extrêmement résistants et l’augmentation de leur population est forte au printemps et à l’automne.  Il est donc important d’adopter les bons réflexes de prévention ou d’éradication.

Sources bibliographiques ou pour approfondir :
- Ecole vétérinaire de Lyon : http://www2.vetagro-sup.fr/ 
- Larhantec B. Le contrôle de Ctenocephalides felis dans le pelage du chien : étude expérimentale sur la diffusion et la rémanence de l’effet insecticide dans le pelage en conditions naturelles et expérimentales. A-Généralités sur la biologie de la puce (Ctenocephalides felis felis).