Dog dancing ou obérythmée : Corinne et Galatée

Découvrons cette activité qui mêle obéissance et effets artistiques avec Corinne Noël Baron et Galatée, membres de l’équipe de France. En quoi cela consiste-il exactement ? Comment s’y mettre et progresser ? Entrons dans la danse.

Bonjour Corinne. Comment définiriez-vous tout d’abord cette discipline ? Y a-t-il une différence entre obérythmée et dog-dancing ?

Non, il s’agit de la même activité mais le terme anglais est bien entendu plus répandu à l’international. Cependant, le terme français est plus parlant et explique bien ce qu’est véritablement cette discipline : un exercice d’obéissance rythmée dans lequel le chien évolue avec son maître avec qui il présente une chorégraphie en musique. L’exercice met donc en valeur le travail du chien et la complicité avec son maître. C’est une discipline qui prend un essor très important ces dernières années et la qualité des chorégraphies ne fait qu’augmenter. Les niveaux avancés font d’ailleurs régulièrement appel à des chorégraphes à présent.

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Comment cette discipline est-elle née et est-elle reconnue par la Société Centrale Canine ?

C’est la Britannique Mary Ray qui est à l’origine du développement de l’obérythmée à partir de 1990. A l’occasion d’un séminaire sur l’obéissance, elle a effectué une routine sur de la musique avec son chien, puis deux ans après une démonstration à la Cruft’s. C’est ainsi que l’engouement est né pour la discipline. En France, la SCC reconnaît l’obérythmée depuis 2005.

Pouvez-vous nous décrire une séance-type d’obéissance rythmée ?

Pour commencer, dans la catégorie Dog dancing, il existe deux catégories de compétition :

  • Heelwork to Music / HTM (=marche au Pied en musique) : il s’agit de 10 positions à exécuter pour le maître et son chien qui ne doivent pas être éloignés l’un de l’autre de plus de deux mètres. En niveau avancé, l’épreuve dure 4 minutes.
  • Freestyle : tout mouvement peut entrer dans cette catégorie mais 25% Maximum les positions du HTM

Le juge prend alors en compte trois dimensions : la difficulté technique, la qualité artistique et la complicité entre le maître et le chien. Selon les niveaux, l’épreuve dure de 2 minutes (débutants) à 2 :30 (novices), puis de 3 :30 (intermédiaires) à 4 minutes (avancés). Pendant les épreuves, on a le droit de parler à son chien mais pas de le manipuler.

Quelles sont les particularités de l’obéryhtmée par rapport à une épreuve d’obéissance classique ?

Sans hésitation la dimension artistique. Dans une routine d’obéissance ordinaire, vous avez un programme prédéfini que vous devez suivre. Pour l’obérythmée, vous construisez votre propre chorégraphie. Or, cette dimension artistique est également conditionnée par la symbiose entre le maître et son chien, tout comme son bien-être : par exemple si votre chien s’arrête pour se gratter, marquant ainsi son stress, la note s’en trouvera diminuée ! Enfin, les mouvements doivent correspondre au caractère du chien : si vous avez un chien très joyeux, une chorégraphie lente sur une musique un peu triste ne va pas être appropriée. On retrouve en général deux types de prestation : soit de la danse, soit une mise en scène autour d’un thème.

Parlez-nous de votre chien ? Comment s’appelle-t-il ?

C’est une femelle Border Collie, prénommée Galatée, qui vient tout juste d’avoir 6 ans.

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A quel âge avez-vous commencé à vous entraîner avec elle ?

Je pratiquais déjà l’obérythmée avec mes autres chiens lorsque j’ai eu Galatée. On a donc commencé le travail au clicker dès son plus jeune âge pour développer notre complicité et son éveil, en l’incitant à chercher ce que j’attendais d’elle. Pour rappel, le clicker est un petit outil qui émet un son métallique et bref lorsqu’on appuie dessus : c’est un marqueur qui permet d’indiquer au chien qu’il vient de faire ce qu’on attendait de lui et déclenche la distribution d’une récompense (friandise ou jeu en fonction de ce que préfère le chien). Pour moi, cette méthode basée sur le renforcement positif est une évidence et je ne peux plus m’en passer. Les Etats-Unis, l’Angleterre et les pays d’Europe de l’Est ont d’ailleurs depuis longtemps adopté le clicker. Bien sûr le maître mot reste la patience pour parvenir à monter une routine élégante offrant une cohérence entre les mouvements exécutés et le style de musique choisi.

Aujourd’hui, vous participez à des compétitions de haut niveau…

En France, il n’y a pas de championnat de France mais un Grand Prix de France. La différence est que lors d’un grand prix de France, tous les chiens LOF (chiens de races) ou non-LOF ont accès à la compétition, contrairement à un championnat de France, seulement ouvert aux chiens de race. En 2016, j’ai remporté le Grand prix de France en freestyle (niveau avancé) et en htm (niveau intermédiaire). En novembre 2017, j’ai participé, au sein de l’équipe de France, au championnat du monde à Leipzig. Ce fut une formidable expérience.

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Peut-on pratiquer l’obérythmée avec n’importe quelle race de chien ?

Tout à fait. Quelle que soit la race, le point de départ est d’avoir une lecture parfaite de son chien. J’ai l’habitude de citer l’exemple de Galatée: c’est toujours elle qui a le dernier mot. Quand je prépare une chorégraphie avec un enchaînement de mouvements, si elle n’aime pas cet enchaînement elle ne le fera pas bien donc je m’adapte constamment à elle. C’est pour cela que cette discipline est très complète et demande énormément de patience. C’est une discipline de tous les jours et qui est favorablement confortée par la pratique d’autres types d’activités en parallèle : Galatée fait aussi de l’agility, de l’obeissance classique, du guidage de troupeau et du treibball (une activité qui consiste à diriger son chien à distance pour qu’il puisse pousser des gros ballons dans un but).

Quels conseils donneriez-vous à un maître souhaitant se lancer avec son chien ?

Pour l’entraînement, le mieux est de se rapprocher d’un club licencié par la Centrale Canine. Etre accompagné, guidé est un plus. Un chiot n’est pas livré avec un mode d’emploi ! Ensuite pour participer à un concours, il faudra prendre une licence (une vingtaine d’euros par an). Les seuls équipements nécessaires pour débuter sont un clicker, quelques récompenses et l’envie de développer une relation basée sur l’écoute, la motivation et la complicité. On peut commencer l’entraînement dès le plus jeune âge, à condition de petites séances de travail (il s’agit aussi de respecter sa vie de chiot qui doit être basée sur le jeu, la sociabilisation entre autres), sans oublier de bien respecter la morphologie du chiot et de ne pas lui demander des mouvements inadaptés, tels que les sauts. Plus le chien est jeune, plus il emmagasine des données rapidement. Mais on peut aussi commencer plus tard sans problème, il faudra juste un peu plus de patience. Il n’est jamais trop tard ! Quand j’ai débuté l’obérythmée avec mon premier chien Sweepy, aidée par la méthode clicker, il avait 9 ans et je dois reconnaître qu’il était surtout champion de canapé – un simple assis relevait d’un exploit. L’obérythmée et la méthode clicker ont complètement transformé notre relation et nous avons appris à nous comprendre. La même année, il a fini 4e au Grand Prix de France 2010, niveau débutant.

Un grand merci à Corinne pour son enthousiasme et ses explications … et une caresse à Galatée.

Vous cherchez une source d’inspiration ? Lusy & Deril – Cruft’s 2017

Envie de vous lancer ?
- Liste des clubs clubs, des compétitions, modalités de concours... Société Centrale Canine
- Idée de lecture :  Obérythmée, de l'initiation à la compétition

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