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Comment choisir un vétérinaire ?

A tout âge de votre chien, le vétérinaire est une personne incontournable et son choix mérite d’être réfléchi pour assurer la meilleure connexion avec vous pour le bien-être de votre chien. Voici quelques critères pour vous aider à choisir.

La localisation du vétérinaire

Il est judicieux de choisir un vétérinaire situé dans votre quartier. Idéalement, ce serait même parfait de pouvoir vous y rendre à pied, permettant ainsi à votre animal de faire ses besoins sur le trajet et de se défouler avant le stress éventuel de la consultation.

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Ethologie vétérinaire, kezako ?

Le chien et l’être humain partagent aujourd’hui le même milieu naturel au quotidien. Pourtant, ce sont deux espèces distinctes avec des modes de fonctionnement spécifiques. Personne ne nous enseigne à l’école comment « fonctionne » un chien ; or nous sommes nombreux à en posséder un ou plusieurs.

Selon une enquête commandée par la FACCO (Chambre Syndicale des Fabricants d’Aliments Préparés pour Animaux Familiers), la France compte actuellement 11,41 millions de chiens de compagnie. Comme si l’éducation d’un chien était innée, nous essayons de faire de notre mieux. Mais ce n’est pas toujours possible sans une aide extérieure, ce que nous avons parfois du mal à reconnaître. Aucune honte cependant à consulter un spécialiste qui est là pour trouver une solution répondant aux envies de l’humain et aux besoins du chien. Rencontre avec Catherine Escriou, éthologue vétérinaire à VetAgroSup, l’école vétérinaire de Lyon.

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Chien jaune par Alain Trez

Depuis quand s’intéresse-t-on au comportement du chien ?

Si l’on remonte 20 à 30 années en arrière, les vétérinaires ne s’intéressaient alors qu’à la santé du chien : la maintenir ou la retrouver. Puis dans les années 90 en France, le Dr Patrick Pageat a commencé à s’intéresser au comportement des chiens pour tenter de comprendre leurs motivations et soigner leurs troubles. Il a cofondé en 1995 l’Institut de Recherche en Sémiochimie et Ethologie Appliquée (IRSEA). La prise en compte du comportement s’est ensuite scindée en deux branches scientifiques : la zoopsychiatrie et l’éthologie. L’éthologie vétérinaire s’est constituée en discipline à part entière au cours des 10 dernières années, à partir du moment où les vétérinaires ont commencé à utiliser les données scientifiques de recherche pour les appliquer au quotidien. Il s’agit donc désormais d’un véritable domaine de recherche. C’est aussi une spécialisation au cours de la formation dans les écoles vétérinaires : il existe aujourd’hui un Certificat d’Etudes Approfondies Vétérinaire « Médecine du comportement des animaux domestiques ». Enfin, c’est une discipline clinique qui prend en charge les troubles du comportement pour reconstruire ou améliorer la relation entre un chien et son propriétaire.

Précisément, comment se passe une consultation auprès d’un éthologue vétérinaire ?

Elle se déroule en général en trois volets : observer ; analyser ; démontrer. En premier lieu, j’étudie le mode de vie de l’animal : est-il seul dans la journée ? Reste-t-il attaché ? Vit-il à l’extérieur ou à l’intérieur ? En ville ou à la campagne ?… Les réponses vont permettre de comparer ce mode de vie avec ses besoins en tant que chien, puis en fonction de sa race, et enfin en fonction de son tempérament individuel. Deuxièmement, je cherche à savoir comment ce trouble du comportement s’est installé. Il faut en effet garder à l’esprit que si les apprentissages des 6 premiers mois sont cruciaux chez un chien, celui-ci continue néanmoins à apprendre durant toute sa vie et à mettre en place de nouveaux comportements pour s’adapter à son environnement. Enfin, je prends en compte la relation avec le propriétaire : existe-t-il de nombreuses interactions entre eux ? Balades, jeux, entraînement…

Pouvez-vous nous éclairer avec un exemple précis ?

Il y a quelques semaines, un couple est venu me voir pour une consultation. Le chien de monsieur avait mordu madame. Il s’agissait d’un couple recomposé avec chacun un épagneul breton. Avant leur rencontre, la femme vivait avec sa femelle qu’elle avait habituée à être caressée et papouillée constamment. En face, un homme élevant seul son enfant en compagnie d’un épagneul breton mâle. En d’autres termes, des modes de vie et une relation au propriétaire très différents : une femelle habituée à répondre aux sollicitations répétées de sa propriétaire et de l’autre un mâle évoluant dans un contexte intégralement masculin et dont les interactions se limitaient à accompagner son maître chasser. Au moment où ces deux personnes et leurs chiens se sont installés ensemble, le mâle a vu sa tranquillité perturbée par une femme essayant sans arrêt de le caresser. Et un soir, alors qu’il était couché dans un petit espace entre le canapé et la table basse du salon, il a mordu brièvement la femme qui se penchait vers lui. Cet exemple montre bien que chaque race de chien a des caractéristiques qui lui sont propres, mais qu’au sein d’une même race, des différences de tempérament existent aussi. Il faut donc être vigilent sur ces deux dimensions. Chaque consultation autour du comportement s’accompagne d’un examen organique. Dans ce cas précis, l’épagneul breton mâle souffrait également d’une douleur à la hanche. Ce qui démontre qu’un trouble du comportement est souvent multifactoriel. Comprendre cela permet souvent de mieux le prendre en charge. Ici, des antalgiques et un changement du mode de vie ont permis de rétablir une relation équilibrée. Une fois que les propriétaires ont pris conscience des facteurs qui, dans  l’environnement du chien, l’ont amené à développer ce comportement, il leur est plus facile de s’adapter. Si toutefois les propriétaires se trouvent démunis, l’aide d’un éducateur canin peut être toujours être envisagée en complément. Dans tous les cas, les nouveaux apprentissages doivent toujours passer par une éducation positive, c’est-à-dire avec récompense à la clé (friandise ou caresse).  La brimade n’est jamais une bonne solution.

Combien de chiens recevez-vous en consultation chaque année ?

Environ 200.

Certaines races en particulier ?

Non. L’approche en éthologie vétérinaire est une approche très individuelle. On ne met pas le chien dans une case. On essaie juste de comprendre comment le comportement s’est installé, de l’expliquer au propriétaire et de faire en sorte que l’environnement devienne plus propice à l’intérêt du chien et à celui du propriétaire. On comprend et on traite. Mais aujourd’hui beaucoup d’idées reçues circulent et donc malheureusement des erreurs sont commises. Avoir un chien c’est bien faire cohabiter et interagir deux espèces différentes. En fonction de votre mode de vie, de votre disponibilité et de votre propre tempérament, certains chiens vous conviendront mieux que d’autres. Il ne faut pas se baser uniquement sur le coup de cœur physique ou succomber aux effets de mode. Par exemple, il y a quelques années, le Jack Russel Terrier s’est beaucoup répandu. Or il s’agit d’un chien de chasse au départ, fait pour attraper les renards dans leurs terriers ! Imaginer en faire un chien de compagnie attendant toute la journée le retour de son maître parti travailler pour faire ensuite une balade vite bâclée peut effectivement occasionner des troubles du comportement (aboiements, destruction…).  Je dis bien « peut » car tout trouble est toujours lié à l’association du contexte racial et de celui de l’individu.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite acquérir un chien ?

Tout d’abord bien se renseigner sur le fonctionnement du chien en général et les caractéristiques de la race visée en particulier. Et pourquoi ne pas envisager une consultation préventive pour être sûr que le chien vous convienne parfaitement. Par exemple en Suisse, à l’achat d’un chien, vous recevez une mini-formation obligatoire de 2 jours pour apprendre les bases du comportement du chien et de sa façon d’apprendre.

Vous êtes vétérinaire mais aussi chercheur. Quelles sont les dernières découvertes marquantes dans les recherches scientifiques sur le chien ?

Le plus marquant a été la démonstration par Adam MIKLOSI que ce que nous savons du comportement des loups ne peut pas être extrapolé et adapté directement au comportement du chien. Par exemple la transposition de la relation mâle dominant/ reste de la meute est aujourd’hui complètement erronée : le chien ne vit pas dans une relation hiérarchique mais plus par affinités avec les autres chiens. Dans sa relation avec l’humain, le chien a tendance à se tourner vers l’humain lorsqu’il est en difficulté (demander à boire lorsque la gamelle est vide, demander à sortir…). Le chien comprend que l’humain a une meilleure connaissance de l’environnement et qu’il peut l’aider. Donc plus besoin pour l’homme de chercher à dominer le chien. On a aussi démontré que le chien est capable de reconnaître les émotions sur le visage du maître.

Avez-vous vous-même un chien ?

Même plusieurs ! Deux Malinois, 1 Carlin et un Jack Russel. Et mes deux Malinois sont totalement différents. Le premier a été réformé de l’armée car il présente une atrophie des muscles des pattes arrières. Il se caractérise par une très grande sociabilité envers les autres chiens et les humains. Du coup, les gens le caressent et cela renforce son caractère sociable. Alors que mon autre Malinois avait très peur des gens lorsque je l’ai récupéré à l’âge de 7 mois. Il m’a donc fallu l’habituer progressivement au monde jusqu’à l’âge de 4-5 ans. Vous voyez, il y a bien une question de race et une question de tempérament individuel.

Un grand merci à Catherine Escriou, maître de conférences en neurologie et comportement. Elle développe l’activité clinique et l’enseignement du comportement à VetAgroSup depuis 1999. Egalement membre actif du bureau et du conseil scientifique de la Société Européenne d’Ethologie Vétérinaire des Animaux Domestiques (SEEVAD).