Humour et déjections canines

Le fléau des déjections canines a envahi toutes nos villes, la population mondiale étant de plus en plus urbaine. Certaines municipalités ont préféré utiliser l’arme de l’humour contre les pollueurs. Le point sur la législation et un florilège de campagnes notables.

Souvenez-vous, il y a quelques semaines, une entreprise bordelaise proposait le fichage du code génétique des chiens pour « pister » leurs maîtres indélicats laissant les déjections sur le trottoir ou même dans le caniveau. En parallèle, on apprenait que la ville de Londres allait mettre en place dès septembre 2016 cette méthode par ailleurs déjà appliquée en Espagne – à Tarragone – en Italie (eh oui, ne pas ramasser à Capri, c’est fini…) ou même aux Etats-Unis (Chicago, Knoxville).

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Mais reprenons les bases : de quoi parle-t-on exactement ?

Les chiffres : dans la ville de Paris, 200 000 chiens produisent chaque jour 16 tonnes de déjections ; soit 5 850 tonnes de crottes de chien sur les trottoirs chaque année. Dans les villes plus modestes, on peut déjà compter 5 à 7 tonnes quotidiennes. Regardez où vous marchez ! Pour comparaison, le chiffre des ordures ménagères sur Paris est de 3000 tonnes par jour.

La loi : le flagrant délit de non-ramassage de déjections canines sur la voie publique relève du Code pénal : « (…) est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 3e classe le fait de déposer, d’abandonner, de jeter ou de déverser, en lieu public ou privé, à l’exception des emplacements désignés à cet effet par l’autorité administrative compétente, des ordures, déchets, déjections, matériaux, liquides insalubres ou tout autre objet de quelque nature qu’il soit, y compris en urinant sur la voie publique, si ces faits ne sont pas accomplis par la personne ayant la jouissance du lieu ou avec son autorisation. » (article R633-6).

La répression : en conséquence, tout maître indélicat pris la main (pas !) dans le sac, sera soumis à une amende de 68 euros si le paiement s’effectue sur le champ ou dans les 45 jours, puis de 180 euros au-delà de ce délai. Attention, l’interdiction des déjections canines relevant de la compétence de chaque mairie « responsable de la salubrité publique », certaines villes ont voté des arrêtés municipaux encore plus restrictifs. Par exemple, à Paris, il est précisé que les propriétaires de chiens doivent ramasser toute déjection, « y compris dans les caniveaux, ainsi que dans les squares, parcs, jardins et espaces verts publics. »

Comment faire alors pour lutter contre ce fléau dans lequel personne – même les propriétaires de chiens eux-mêmes – n’aime marcher ? Plusieurs villes ont choisi d’utiliser l’humour pour leur campagne de sensibilisation ou de dédramatisation du ramassage. En voici quelques exemples savoureux :

En France :

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Ou à l’étranger: 

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Enfin, je vous conseille la lecture de cet article du journal Le Monde (avril 2015), présentant le travail d’un sociologue allemand, Matthias Gross, qui s’est intéressé à la question et a identifié trois grandes tendances parmi les propriétaires : ceux qui « assument » en arguant que la défécation est naturelle et biodégradable, ceux qui ramassent en s’assurant que tout le monde regarde leur « bon » geste, et ceux qui font semblant de ne pas avoir vu que le chien s’était soulagé. Il y a même ceux qui ramassent lorsque le parc est bondé, généralement l’après-midi, alors que, tôt le matin, dans la rue déserte, ils ont laissé la première crotte du jour derrière eux… »

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Allez, à vos sacs, Messieurs Dames ! Un petit effort pour le bien-être de tous.

 

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